Orléans, 2 mai 1429

 

Chaque jour, du 29 avril au 8 mai 2012, retrouvez le récit des faits marquants de la levée du siège d’Orléans, aux mêmes dates, mais en 1429.

Une évocation présentée par l’auteur de « J’ai nom Jeanne la Pucelle, Journal d’une courte vie », Editions Bénévent (février 2012).

 

Pour lire une critique qui vient de paraître :

http://www.histoire-pour-tous.fr/livres/67-essais/4100-jai-nom-jeanne-la-pucelle-journal-dune-courte-vie.html

 

Pour découvrir le compte-rendu de cet ouvrage et consulter le sommaire :

http://jeannedarc.monsite-orange.fr

 

 

Extraits commentés des pages 233-234

 Publication du mercredi 02 mai 2012

 

 

 Orléans, 2 mai 1429, un lundi …

 

Le Bâtard d’Orléans et les renforts ne sont pas attendus avant le surlendemain au plus tôt, si l’ennemi n’entrave pas leur déplacement.

Jeanne va « aux champs », selon le terme consacré de l’époque. Elle veut voir de plus près les positions et les bastilles anglaises placées à environ sept cents mètres au nord-est des remparts. Ces positions ne seront jamais prises d’assaut, mais abandonnées par les Anglais lors de la levée du siège. Elle est accompagnée d’écuyers et de soldats déjà séduits par son attitude des deux précédents jours et par une cohorte d’Orléanais eux-aussi convaincus par son volontarisme et son charisme.

Une sortie pacifique, au su et au vu des troupes anglaises qui laissent aller et venir sans intervenir.

Puis, de retour dans la cité, la Pucelle assiste aux vêpres. Il faut probablement dater de cette journée une seconde lettre adressée au chef des troupes anglaises, John Talbot. Ce dernier est une « vieille connaissance » des combattants du camp du dauphin Charles. Un militaire respecté par ses adversaires, toujours courtois et chevaleresque, loyal dans le combat.

Cette missive ne nous est pas restée en archives malheureusement. C’est le Bâtard d’Orléans qui, dans sa déposition au procès de réhabilitation, en donnera la teneur, telle qu’elle lui fut rapportée. En substance donc, voici ce qu’en dit le valeureux capitaine :

« […] elle adressa aux Anglais une sommation, rédigée dans sa langue maternelle, et toute en paroles bien simples […] qu’ils eussent à se retirer du siège et à retourner en Angleterre, sans quoi elle leur donnerait un grand assaut qui les forcerait à s’en aller. »

Combien d’historiens rêvent d’avoir en main cette lettre ou sa copie. On sait que Jeanne ne savait ni lire ni écrire, ce qu’elle avait elle-même affirmé à Poitiers : « Je ne sais ni A ni B ». Ses missives étaient donc rédigées sous la dictée d’abord, et dans certains cas, remodelées pour y inclure des formes ou des titres de « généraux » anglais qu’elle ignorait sans doute. Pour elle comme pour la plupart des partisans du dauphin, William Glasdale était « Glacidas », William de la Pole, comte de Suffolk devenait « La Poule », etc.

Ce lundi 2 mai à Orléans, Jean Pasquerel, confesseur de Jeanne et parfois rédacteur de ses messages était absent : il cheminait avec les renforts attendus. Jeanne la Pucelle prit donc le premier venu de ceux qui savaient écrire et dicta. Le scripteur ne devait pas être grand lettré et se s’attarda pas à reproduire en français parfait ce qu’il entendait. Le terme de « dans sa langue maternelle et toute en paroles bien simples » conduit à penser que la lettre contenait des mots patoisants du pays que Jeanne n’avait quitté que deux mois plus tôt et que le clerc improvisé écrivit peut-être plus en mode phonétique qu’en ciselant des phrases élégantes pour traduite la parole de la Pucelle.

 

Nous ne savons rien de l’accueil que John Talbot réserva à la missive, mais il n’était pas homme à répondre par l’invective et l’injure. Sans doute ne répondit-il pas. Il savait, lui aussi, qu’un fort renfort de soldats français s’apprêtait à quitter Blois et il se préparait à cette nouvelle situation.

 

La journée du lundi 2 mai 1429 s’acheva sans autres développements notables. Le bâtard d’Orléans et ses troupes avaient sans doute déjà quitté Blois pour entamer leur cheminement de soixante kilomètres vers Orléans. Cette fois, par le côté nord du fleuve, côté Beauce, pour un accès terrestre direct à Orléans. Ce n’était plus un convoi de vivres, de cochons, de bœufs, de chariots, celui qui était arrivé à Orléans le 29 avril, mais une troupe forte de maintes compagnies aguerries et de leurs seigneurs-capitaines.

 

Cela se savait sans doute à Orléans : des courriers à cheval avaient pu porter la nouvelle qui devait se répandre d’ailleurs toute seule au fil des rives de la Loire. Les Anglais le savaient aussi.

Les renforts arriveraient-ils jusqu’à Orléans sans encombre ou seraient-ils attaqués en cours de route ? Voire battus et dispersés …

 

L’attente des Orléanais, de Jeanne la Pucelle, de La Hire et de tant d’autres devait être lourde d’espérances mêlées de crainte.

 

Patience ! Jeanne n’est à Orléans que depuis trois jours pleins …

 

. . . . à suivre, demain 3 mai . . . . 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

visites